LE WORT DE PESSA’H DU RABBIN MILEWSKI

Mes chers amis,

‘Hag samĂ©a’h Ă  tous et Ă  toutes !

« Au dĂ©but, nos ancĂȘtres Ă©taient des idolĂątres mais Ă  prĂ©sent, D.ieu nous a approchĂ© de Son service ». Cette phrase de la hagada de Pessa’h est saisissante : «mais Ă  prĂ©sent, D.ieu nous a approchĂ© de Son service » ; « à prĂ©sent » ?! Mais cela fait 3500 ans que D.ieu nous a approchĂ© de Son service au moment du don de la Torah !

L’auteur du AlĂ© Chour (II p. 390) explique : « c’est Ă  cet instant de la soirĂ©e du sĂ©der que D.ieu saisit chacun de nous par la main et nous rapproche de Son service ». Autrement dit, le sĂ©der n’est pas une cĂ©rĂ©monie mĂ©morielle. Il est un engagement au prĂ©sent, et pour l’avenir, un engagement dans la voie de la Torah. Au soir du sĂ©der, le juif quitte l’Egypte pour s’établir dans une vie Ă©minemment juive, une vie pleine de Torah et de mitsvot. Telle est l’unique finalitĂ© de la sortie d’Egypte : la rencontre avec D.ieu et Sa Loi. C’est bien ce que dit le dernier verset du troisiĂšme paragraphe du Chema, rĂ©pĂ©tĂ© deux fois par jour : « Je suis Hachem votre D.ieu qui vous ai fait sortir de la terre d’Egypte pour ĂȘtre Elokim  pour vous, Je suis Hachem votre D.ieu ». Nous dĂ©couvrons ici que le sens ultime du sĂ©der de Pessa’h consiste Ă  se rapprocher de notre vocation, de ce que la hagada appelle « le service de D.ieu ».

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Voici un commentaire ‘hassidique de Ma Nichtana pour agrĂ©menter votre sĂ©der :

Une nuit lumineuse (Orah latsadik de Rabbi Eliézer Lippé, fils du Noam Elimélekh) :

Au premier jour de Pessa’h, le juif peut retrouver la trace de la sortie d’Egypte, inscrite dans la nuit du sĂ©der. Il peut accĂ©der Ă  la lumiĂšre qui s’est dĂ©voilĂ©e lors de la libĂ©ration. Tel est l’un des sens de l’expression biblique « leil chimourim » qui dĂ©signe la nuit du sĂ©der et qui signifie : « nuit de garde », c’est-Ă -dire nuit qui a gardĂ© sa vertu lumineuse Ă  travers les siĂšcles.

« En quoi cette nuit est-elle diffĂ©rente ? », cette nuit oĂč notre Ăąme se manifeste de façon insistante.

« Car toutes les autres nuits, on consomme du levain et la matsa mais cette nuit, que de la matsa », toutes les autres nuits, l’instinct du mal et celui du bien cohabitent. Mais cette nuit, seul subsiste l’instinct du bien.

« Car toutes les autres nuits, on consomme toutes sortes de lĂ©gumes (yerakote) mais cette nuit que des herbes amĂšres ». YĂ©rek signifie : lĂ©gume, et dĂ©signe aussi la couleur verte. Le vert n’est pas une couleur primaire. Elle rĂ©sulte de l’association du bleu et du jaune. L’éventail des verts est remarquable. Il se dĂ©cline en une immense variĂ©tĂ© et tend vers de nombreux tons. L’annĂ©e durant, le service de D.ieu n’est pas Ă©gal. Il connait des progressions et des rĂ©gressions. Mais cette nuit est toute entiĂšre maror. Mar est le terme aramĂ©en qui dĂ©signe le MaĂźtre. Le sĂ©der est tout entier adhĂ©sion au MaĂźtre du monde.

« Car toutes les autres nuits, on ne trempe mĂȘme pas une seule fois, mais cette nuit deux fois » : tremper est la traduction de matbibline. Ce mot est proche de bitoul, annulation de sa volontĂ© et de ses dĂ©sirs. Le terme Ă©voque aussi la tevila, l’immersion dans le mikvé pour apprĂ©hender la puretĂ©.

« Car toutes les autres nuits, on mange assis ou accoudĂ© mais cette nuit, nous sommes accoudĂ©s (messoubine)». Le vocable de messoubine a la mĂȘme racine que messoubavine, ĂȘtre entourĂ©. C’est son entourage qui s’élĂšve avec l’homme, le soir du sĂ©der.

Kol touv à tous !

Rabbin J. Milewski

LE WORT DE CHABBAT DU RABBIN MILEWSKI – PARACHAT AHARE MOTH

Mes trĂšs chers amis,

Il est question dans notre sidra des interdits sexuels. L’occasion nous est ainsi offerte de poser la question suivante : qu’est-ce que la femme moderne a  gagné de sa condition nouvellement acquise? Des droits sociĂ©taux. C’est vrai. Elle est aussi libre d’accĂ©der, au niveau du principe, Ă  tous les postes, toutes les fonctions. Dans le mĂȘme temps,  la femme reste perçue comme un simple objet utilisĂ© dans l’unique objectif d’attirer la vue du consommateur Ă©ventuel ou du spectateur. Son corps dĂ©nudĂ© est affichĂ© sur les kiosques et les affiches. La femme a-t-elle vraiment accĂ©dĂ© au respect de sa dignitĂ© en tant que personne humaine dans notre sociĂ©té ? Les hommes ne dĂ©visagent-ils pas les femmes dans la rue ou n’émettent-ils plus de commentaires parfaitement dĂ©placĂ©s Ă  leur Ă©gard ? Le chantage pour une promotion et le harcĂšlement subi et acceptĂ© pour conserver son emploi n’existent-ils pas dans notre sociĂ©tĂ© moderne ? Le corps des femmes n’est-il plus objet de commerce et de violence? Les individus ont-ils vraiment changé ? Devant cette immense hypocrisie, le judaĂŻsme privilĂ©gie la pudeur dans les liens entre hommes et femmes. Un homme n’a pas le droit de contempler ni de toucher une femme qui n’est pas la sienne, il n’a pas le droit de s’isoler avec une autre femme que son Ă©pouse (et rĂ©ciproquement). Oui, les rapports entre les sexes sont soumis Ă  restriction mais ce sont prĂ©cisĂ©ment ces limitations qui assurent non seulement la stabilitĂ© des couples et des Ă©quilibres entre les conjoints mais aussi la dignitĂ© de la personne humaine qui n’est pas considĂ©rĂ©e comme un simple outil de plaisir ou de dĂ©foulement. Enfin, la sociĂ©tĂ© moderne a tendance Ă  relĂ©guer la maternitĂ© au rang des archaĂŻsmes. Les femmes qui se consacrent Ă  leur famille sont perçues de façon nĂ©gative. Pour le judaĂŻsme, la famille est la garante de la survie du peuple. Elle est donc la prioritĂ© des prioritĂ©s.

Il importe de poser la question de cette modernitĂ© qui importe tant Ă  beaucoup de gens. Aujourd’hui, l’humain possĂšde une maĂźtrise incroyable de la matiĂšre et des techniques. Ses connaissances scientifiques lui permettent d’envisager des prouesses humaines insoupçonnables il y a encore cinquante ans. Mais l’homme lui-mĂȘme est-il devenu moderne ? Sa compĂ©tence oui, mais lui-mĂȘme ? N’est-il pas le mĂȘme que son ancĂȘtre qui vivait il y a plusieurs siĂšcles ? Le progrĂšs a-t-il Ă©tĂ© humain ? L’homme n’est-il pas animĂ© des mĂȘmes passions, des mĂȘmes pulsions, du mĂȘme Ă©goĂŻsme, de la mĂȘme soif du pouvoir ? L’homme a-t-il rĂ©dimĂ© sa violence, ses nĂ©vroses ? De quelle modernitĂ© parle-t-on ? De la maĂźtrise de la matiĂšre ou de la civilisation humaine ? D’une certaine maniĂšre, les choses sont plus compliquĂ©es aujourd’hui qu’hier car on confond les progrĂšs de la science et les progrĂšs d’humanitĂ©. Ces derniers sont malheureusement beaucoup plus lents, infiniment plus lents. « Le judaĂŻsme n’a pas beaucoup variĂ© Ă  travers les millĂ©naires
 malgrĂ© l’absence de toute autoritĂ© centrale et de toute structuration qui en eut assurĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment l’unitĂ© et eut le souci de sa permanence. Conservatisme apparent qui, dans sa constance, exprime surtout lanĂ©gation obstinĂ©e d’un ordre politique et social demeurĂ© sans Ă©gard pour le faible et sans pitiĂ© pour le vaincu, se dĂ©roulant, histoire universelle et inexorable dans un monde apparemment non sauvé» écrivait Emmanuel LĂ©vinas dans l’une de ses Lectures talmudiques (L’au-delĂ  du verset p. 18). La modernitĂ© n’a pas sauvĂ© le monde. La Torah le sauvera.

 

Chabbat chalom !

Rabbin J. Milewski

YOM HASHOAH : DIMANCHE 27 AVRIL À 20H

Chers Amis,

Comme tous les ans, nous organisons notre traditionnelle commĂ©moration de Yom Ha Shoah Ś”Ś©ŚŚ•ŚŚ” Ś™Ś•Ś, qui aura lieu cette annĂ©e :

LE DIMANCHE 27 AVRIL 2014

A 20 H en la synagogue Ohel Avraham 31, rue MontĂ©vidĂ©o – Paris 16e

DiffĂ©rentes interventions sont prĂ©vues oĂč s’associeront enfants et adultes. Nous comptons sur votre prĂ©sence.

Le Président Charly BRONNER

Le Rabbin Jacky MILEWSKI

Mise en Ɠuvre : Jacqueline ATLAS

LE WORT DE CHABBAT DU RABBIN MILEWSKI – PARACHAT METSORA

Mes trĂšs chers amis,

Notre sidra Ă©voque les tĂąches susceptibles de surgir sur les murs d’une maison dont l’habitant aurait commis un manquement d’ordre social comme la mĂ©disance ou l’avarice. La Michna de NegaĂŻm (2, 3) enseigne :

Soit une maison obscure, non dotĂ©e de fenĂȘtre, donc une maison oĂč la lumiĂšre du jour n’entre pas, on n’y construit pas de fenĂȘtre pour y examiner la tĂąche. En effet, la Torah dit que l’habitant de la maison oĂč une tĂąche a surgi sur un mur doit se rendre chez le kohen et dĂ©clarer : « il m’a Ă©tĂ© donnĂ© de voir comme une tĂąche » (Lev 14), il m’a Ă©tĂ© donnĂ© de voir, Ă  moi, directement, et non par le biais d’une bougie par exemple (si la maison dispose de fenĂȘtre fermĂ©e, on l’ouvre mais on n’en construit pas). Le Rambam (‘hilkhot tsaraat 14, 5) Ă©crit : soit une maison obscure, on n’y ouvre pas des fenĂȘtres pour voir sa plaie


Soit un homme qui Ă©volue dans une maison obscure (il est confrontĂ© Ă  des soucis, Ă  des difficultĂ©s, Ă  des problĂšmes), on n’ouvre pas de fenĂȘtre pour examiner sa plaie : on n’a pas Ă  braquer les projecteurs sur lui et Ă  en faire le sujet de nos conversations.

A quoi bon ? En quoi cela peut-il lui ĂȘtre utile ? Ouvrir la fenĂȘtre (de l’extĂ©rieur), y passer la tĂȘte pour entendre, Ă©couter, savoir, faire savoir
 est un manquement social et moral (et au passage, cela traduit un immense vide intĂ©rieur. On dit s’intĂ©resser aux autres par altruisme pour ne pas s’intĂ©resser Ă  soi). Ne pas ajouter Ă  la douleur des gens de vains propos dont ils sont le sujet et dont l’intĂ©rĂȘt ne met en valeur que celui qui les prononce, est l’un des enseignements de notre Michna. Les hommes ne sont pas des bĂȘtes de spectacle, surtout lorsqu’ils sont dans la souffrance.
On n’en a peut-ĂȘtre pas conscience mais parler des difficultĂ©s de vie des uns et des autres « comme ça », est une offense qui leur est faite. Leur dignitĂ© doit ĂȘtre prĂ©servĂ©e. Cela se traduit la plupart du temps par un silence empli de compassion.

Que l’on n’entende que de bonnes choses !

Chabbat chalom !

Rabbin J. Milewski

LE WORT DU RABBIN MILEWSKI – PARACHAT CHEMINI

Chers amis,

Au dĂ©but de notre sidra, MochĂ© dit Ă  Aharon, son frĂšre : « Approche-toi de l’autel
 obtiens l’expiation pour toi et pour le peuple ; accomplis le sacrifice du peuple et obtiens le pardon en sa faveur ». Dans la proposition « obtiens l’expiation pour toi et pour le peuple », pourquoi avoir ajoutĂ© « et pour le peuple » alors qu’immĂ©diatement ensuite, MochĂ© dit : « accomplis le sacrifice du peuple et obtiens le pardon en sa faveur » ? Comme si dĂ©jĂ , dans le pardon d’Aharon, se frayait le chemin de celui accordĂ© au peuple !

« Grand est le repentir (techouva) car pour un individu qui revient Ă  la Torah, on pardonne au monde entier » (Yoma 86b). Autrement dit, quand un juif revient Ă  une pratique du judaĂŻsme claire, son cheminement concerne le monde entier. Les effets de son retour ne sont pas limitĂ©s Ă  sa personne mais modĂšlent d’une vitalitĂ© nouvelle l’ensemble de la condition humaine. Avec un homme qui devient homme digne de ce nom, c’est une chance de survie supplĂ©mentaire qui est offerte Ă  l’humanité ; c’est un exemple de remise en cause individuelle, de retournement, qui rend possible le pardon.

On ne se rend pas compte de l’implication et des incidences qu’un comportement individuel peut avoir sur la collectivitĂ©. Imaginons une personne qui dĂ©cide de venir Ă  la schoule le chabbat, renouant ainsi avec la tradition de ses pĂšres ; c’est toute la famille qui accĂšde Ă  un nouveau rythme, nouveau-ancien rythme, celui portĂ© par tant et tant de gĂ©nĂ©rations.  « Obtiens l’expiation pour toi » et par lĂ  mĂȘme « pour le peuple ».

Chabbat chalom à tous !

Rabbin J. Milewski

LE WORT DU RABBIN MILEWSKI – PARACHAT TSAV – CHABBAT ZAKHOR

Mes chers Amis,

Le premier paragraphe de la sidra dĂ©crit le service du kohen (prĂȘtre), dans le Temple, au matin venu : « le kohen enfilera son vĂȘtement de lin (bad), il se vĂȘtira de son pantalon de lin (bad)
 il prĂ©lĂšvera la cendre que le feu aura consumĂ©e et il la placera prĂšs de l’autel » (Vayikra 6). Le Rav Rubinstein (CheĂ©rite Mena’hem, section Pin’has, p. 249) rapporte un bel enseignement du ‘Hatam Sofer : le terme « bad » dĂ©signe le lin et aussi la solitude. Le kohen est un homme qui se consacre Ă  la spiritualitĂ©, Ă  la rĂ©flexion, Ă  la solitude inhĂ©rente Ă  ce cheminement.
Le kohen s’enveloppe littĂ©ralement de solitude, de cette solitude qui lui permet de se retrouver face Ă  lui-mĂȘme. Mais cette solitude n’est pas absolue puisque le kohen doit « élever la cendre » c’est-Ă -dire : Ă©lever les individus morts spirituellement,  ne portant pas en eux d’avenir moral et religieux, et les orienter « prĂšs de l’autel ».

Le kohen balance ainsi entre des moments de solitude et des temps oĂč il se tourne vers ceux et celles qui sont Ă©loignĂ©s de la maison de D.ieu. Le kohen est un exemple. Selon le verset, IsraĂ«l constitue « une royautĂ© de prĂȘtres », c’est Ă  dire un groupe d’hommes qui vivent dans une certaine rĂ©serve et qui, dans le mĂȘme temps, sont appelĂ©s Ă  propager le message de la Torah au cƓur de la citĂ©.
De ce point de vue, chaque juif est un kohen Ă  qui il appartient de conjuguer harmonieusement des diffĂ©rents temps : celui de l’enrichissement intĂ©rieur et celui de la prĂ©occupation de l’épanouissement spirituel d’autrui.

Chabbat chalom

Rabbin J. Milewski

LE WORT DE POURIM DU RABBIN MILEWSKI

Mes chers Amis,

Le premier chapitre de la mĂ©guila est consacrĂ© Ă  la description longue, prĂ©cise et dĂ©taillĂ©e du festin offert par AssuĂ©rus Ă  sa population. Il est ensuite question de l’épisode qui mĂšnera Vachti Ă  la mort : le roi lui demande de se prĂ©senter dĂ©nudĂ©e Ă  la cour. Quel est l’intĂ©rĂȘt de ces versets dans l’histoire de la tentative d’extermination du peuple juif ?

En fait, ce premier chapitre est fondamental car il indique les facteurs dĂ©terminants ayant permis Ă  un Etat de dĂ©cider de l’anĂ©antissement d’un groupement humain. Le Rav Soloveitchik (Al hatechouot p. 42 Ă  50) explique : pour Ă©viter la pensĂ©e de sa finitude, pour Ă©chapper Ă  la confrontation avec le nĂ©ant qu’il porte en lui, donc pour fuir une certaine rationalitĂ©, l’humain peut choisir de fuir la pensĂ©e et la rĂ©flexion et de s’établir dans une ivresse des sens lui faisant perdre la question du sens. Quand les sens s’agitent et s’animent, l’abstraction est particuliĂšrement difficile. Dans un tel cadre, seuls comptent le prĂ©sent, la jouissance du prĂ©sent, le plaisir du prĂ©sent. C’est le cas de ‘Hava qui a vu « que l’arbre Ă©tait bon Ă  manger, qu’il Ă©tait un dĂ©sir pour les yeux, un arbre agrĂ©able pour l’intelligence » (BerĂ©chite 3, 6) [car prĂ©cisĂ©ment l’empĂȘchant de fonctionner]. Seul compte l’aspect esthĂ©tique. Donc, toutes normes visant Ă  limiter les pulsions sont bannies, proscrites.

Cette attitude non rationnelle -  dĂ©crite au premier chapitre de la MĂ©guila (les orgies de 180 jours et la nuditĂ© de la reine) – pose les bases d’un autre systĂšme, complĂštement irrationnel celui-lĂ , et par essence destructeur. C’est un systĂšme qui se prĂ©sente avec des principes absolus, en opposition totale avec la morale, animĂ© d’une violence inouĂŻe.

En repoussant toute norme qui ordonne la vie des individus dans un certain cadre Ă©thique, en alimentant la revendication d’une libertĂ© sans limite pour toujours satisfaire mieux ses dĂ©sirs, en lĂ©gifĂ©rant, en collant comme une ombre les Ă©volutions sociĂ©tales, une sociĂ©tĂ© ouvre les portes au dĂ©mon irrationnel et nihiliste. Du non rationnel, on passe Ă  l’irrationnel qui se pense tout puissant et invincible. On a assistĂ© Ă  ce phĂ©nomĂšne en Allemagne dans les annĂ©es prĂ©cĂ©dant la Choa, Ă©crit le Rav J.D. Soloveitchik. « Seuls des hommes qui ne se prĂ©occupent que de courir aprĂšs leur plaisir, pour qui aucune valeur reste immuable, pour qui aucune norme [morale] ne possĂšde une autoritĂ©, peuvent se concilier avec l’homme-satanique, irrationnel, destructeur et cruel ».      A la lumiĂšre de cet enseignement, le premier chapitre prend une connotation bien particuliĂšre puisqu’il nous indique aussi le projet de sociĂ©tĂ© Ă  fuir pour ne pas en arriver Ă  une sociĂ©tĂ© sans plus aucune humanitĂ©.

Excellente fĂȘte de Pourim Ă  tous !

Rabbin J. Milewski