LE WORT DU RABBIN MILEWSKI – PARACHAT NO’AH

Mes chers amis,

« Ainsi parle D.ieu, Lui qui trace une route (dérekh) dans la mer, un sentier (netiva) dans les eaux agitées… » (Isaïe 43, 16). Le Midrach Beréchit Rabba (6, 5) commente : « Lui qui trace une route (dérekh) dans la mer » depuis Chavouot jusqu’à Soucot, « un sentier (netiva) dans les eaux agitées… » depuis Soucot jusqu’à ‘Hanouka.

La période qui s’écoule depuis Chavouot jusqu’à Soucot est une période où il fait bon prendre le large ; la mer est calme et belle, douce et apaisante. Après Soucot, la saison des pluies commence, le vent souffle fort ; naviguer n’est pas alors aisé. La « route » s’est transformée en simple « sentier ». Ce qui est vrai pour les bateaux l’est également pour nous. La Torah est bien comparée à l’eau. On parle ainsi de « la mer du Talmud ». Et par ailleurs, les maîtres parlent de l’homme comme d’un bateau qui doit arriver à bon port, malgré les vagues et la houle.

Entre Chavouot et Soucot, le juif chemine dans la Torah. La fête de Chavouot, la période de ben hametsarim, le mois d’éloul, Roch Hachana, Kippour et enfin Soucot et Chemini Atséret, façonnent un temps où l’on peut s’orienter, revenir vers la Torah. Mais une fois le mois de tichri révolu, l’hiver commence pour les marins, la nature et les âmes. C’est la nuit jusqu’à ‘Hanouka. Les habitués de tichri ont pris leur quartier. C’est une hibernation spirituelle de laquelle on se réveillera dans quelques mois. La route s’est transformée en étroit sentier. La mer n’est plus calme.

Et pourtant, il nous faut parvenir à destination, se réfugier dans la Torah, dans le chabbat et les mitsvot, à l’instar de Noa’h qui s’abrite dans son arche alors qu’à l’extérieur, les eaux du déluge s’écoulent.

Chabbat chalom à tous et à toutes !

Rabbin Jacky Milewski

LE WORT DU RABBIN MILEWSKI : FETE DE SOUCCOTH

Une leçon d’espoir

« Vous résiderez dans des souccot durant sept jours, tout citoyen en Israël résidera dans des souccot » (Lévitique 23, 42). Comment expliquer la redondance « tout citoyen en Israël résidera dans des souccot » ? La première proposition « vous résiderez dans des souccot » n’inclut-elle pas tous les membres du peuple juif ?

L’injonction de la soucca consiste à quitter sa maison fixe et à s’installer dans une demeure provisoire. Et cela, précisément au temps de la récolte, moment propice à une certaine suffisance humaine. De cette manière, au temps où l’orgueil matériel le guette, le juif fait preuve d’humilité en s’installant dans l’éphémère d’une simple soucca. Aussi – explique le Netsiv dans son Haémek Davar (Lev 23, 42) – il aurait été logique de penser que l’injonction de soucca n’incombe qu’aux propriétaires terriens susceptibles de tomber dans le piège de la fierté et en aucun cas aux indigents errants, sans le sou, dont l’humilité est l’essence même de leur personnalité.
C’est pourquoi, dit le Netsiv, la Torah a ajouté la fraction « tout citoyen » afin d’inclure les plus démunis dans la population soumise à l’obligation de soucca. Reste alors à saisir le sens de la soucca pour ceux qui ne sont pas propriétaires terriens, pour les plus pauvres.

La Torah justifie ainsi l’injonction de la soucca : « afin que vos enfants sachent que j’ai installé les enfants d’israël dans des souccot lorsque je les fis sortir du pays d’Egypte, Je suis l’Eternel votre D.ieu» (Lev 23, 43). Ainsi, la soucca rappelle la traversée miraculeuse du désert, traversée qui dura quarante ans. Or, le désert est qualifié par le prophète Jérémie (2, 6) de « pays de solitude et de précipices, pays de sécheresse et d’ombre mortelle, pays où nul être humain n’avait passé, où nul fils d’Adam n’a séjourné ». Et pourtant, D.ieu y a assuré la subsistance d’Israël durant quatre décennies.

Cette idée véhiculée par la soucca a pour objectif – dit le Netsiv – de rendre l’espoir aux plus démunis, à ceux qui n’ont ni terre ni propriété, à ceux qui n’ont rien. « Je suis l’Eternel votre D.ieu» et Je peux vous rendre heureux même si vous ne possédez rien.

HORAIRES DE KIPPOUR 5775 – 3 & 4 OCTOBRE

Pour avoir connaissance de toutes les horaires concernant le déroulement de Yom Kippour 5775, veuillez cliquer sur le lien ci-dessous :
Horaires Kippour 5775

LE WORT DE KIPPOUR DU RABBIN MILEWSKI

Chers amis,

Dans le rite sfard (ou polonais), l’énoncé de la confession (vidouy) récité quotidiennement et à Kippour, est précédé par la formule : « mais nous-mêmes et nos pères ont fauté (aval ana’hnou vaavoténou ‘hatanou)». Pourquoi évoquer la faute de nos pères ?

Dans son ouvrage Hègueyonote el ‘ami (p. 163-4), le Rav Amiel explique : l’intention ne cette formule n’est pas de rappeler les fautes et manquements de nos pères mais de nous aider à saisir notre responsabilité : par nos déficiences et défaillances morales et religieuses, nous portons atteinte à nos ancêtres et « nous en faisons des fauteurs ». Si nous-mêmes déméritons, c’est toute l’histoire de notre ascendance qui risque d’être réorientée car cette histoire aboutirait à l’échec que nos fautes expriment. A l’inverse, si nous sommes méritants et accomplissons les mitsvot, c’est toute l’histoire de nos ancêtres qui est relue à la lumière des bonnes actions auxquelles cette histoire a abouti.

On comprend alors l’enseignement rabbinique qui rappelle qu’au jour de Kippour, les morts sont aussi jugés ; ils sont jugés à la lumière des actes de leur descendance qui, dans une certaine mesure, les inscrit ou les désinscrit dans l’infinie chaîne d’Israël.

‘Hatima tova lekoulam !

Rabbin J. Milewski

LE WORT DU RABBIN MILEWSKI DE ROCH HACHANA

Mes chers amis,

En cette veille de l’année 5775, je formule à votre adresse tous mes vœux de douceur et de plénitude. Que cette année puisse mettre fin aux trop nombreuses souffrances de ce monde et que la quiétude emplisse les cœurs. Chana tova lekoulam !

Roch Hachana signifie littéralement tête de l’année et non début d’année. Or, quatre des cinq sens sont présents sur le visage : l’ouïe, l’odorat, le regard et le goût. Autrement dit, à Roch Hachana, le juif doit entendre, voir, sentir et goûter. Il doit entendre les sonneries du chofar et les mots de la prière parvenir jusqu’à son âme, il doit voir ce qui dans sa vie nécessite réparation, amélioration, rédemption (le verset dit : « le sage, ses yeux sont dans sa tête, berocho »), il doit sentir son aspiration religieuse et spirituelle souvent silencieuse et discrète, il doit goûter à la vie qui dépasse la vie physiologique et biologique (comme le dit le verset des Psaumes : « Goûtez et voyez que D.ieu est le bien »).

Le cinquième sens, le toucher, qui représente la vie pratique, interviendra à la fin de Roch Hachana, quand il s’agira de concrétiser dans la quotidienneté tous les engagements de Roch Hachana.

La transition des quatre sens du visage au toucher est fondamentale car si on ne prolonge pas Roch Hachana tout au long de l’année par l’attachement aux commandements de la Torah, alors on en fait une tête déconnectée du corps…

Chana tova pour tous !

Rabbin J. Milewski

LE WORT DU RABBIN MILEWSKI : PARACHAT NITSAVIM VAYELEKH

Mes très chers amis,

Dans le traité talmudique Baba Metsia (105a), les Maîtres parlent d’olives méchantes, de raisins méchants (rich’é zétim, rich’é ‘anavim). Rachi explique que le Talmud évoque des olives et des raisins dont la maturité ne sera jamais atteinte. Ce sont des fruits qui restent verts, des fruits qui n’évoluent pas, qui ne se bonifient pas. Ils s’arrêtent au milieu du processus et restent comme ils sont. « L’olive méchante » ne produit pas d’huile, « le raisin méchant » ne donne pas de vin.

Si le racha’, le méchant s’oppose au tsadik, à l’homme juste, on entend que le tsadik est l’homme qui avance, qui se développe, qui aspire à parvenir à maturité, le tsadik est celui qui veut changer en mieux, produire de l’huile et du vin de qualité, s’élever dans la Torah, travailler sa personne pour la rendre plus humaine ; il est celui qui ne se satisfait pas des mitsvot qu’il accomplies et qui veut progresser dans sa connaissance de la Torah.

En récitant le kidouch en ce dernier chabbat de l’année 5774 – où chacun est appelé à observer le chabbat pour en faire un chabbat digne de ce nom -, nous penserons à ces raisins devenus murs, à ce vin contenu dans la coupe, à ce fruit que l’on intègre à notre personne par sa consommation, à ces raisins qui nous invitent à nous engager davantage dans la voie de la Torah et du travail sur soi.

Chabbat chalom à tous !

Rabbin Jacky Milewski

LE WORT DU RABBIN MILEWSKI : PARACHAT KI TAVO

Chers amis,

Nous lisons au traité Bata Métsia (107b) : Rav est monté au cimetière… et déclara : « Quatre-vingt-dix neuf sont morts du mauvais œil et un seul par les lois de la nature ». Qu’est-ce que le mauvais œil ? Les explications renvoyant à des regards mauvais qui possèderaient de maléfiques influences ne nous ont jamais satisfaites. N’importe qui pour n’importe quelle raison pourrait ainsi porter atteinte à autrui… C’est pourquoi il faut privilégier une lecture morale de ce concept. Le mauvais œil, c’est tout simplement le regard envieux, méchant, amer, lancé sur autrui. Et s’il fait du mal, c’est surtout à celui qui le lance.

Des gens se font souffrir, se meurent, à cause de l’amertume qui les anime, à cause du malaise qu’ils ressentent à voir des gens heureux ou qui le semblent autour d’eux (ce sont les 99% auxquels Rav fait référence). Il y a des gens qui se rendent malades parce qu’ils sont envieux.

Quand dans la prière du matin, selon le rite polonais, on demande à D.ieu de nous délivrer « de l’œil mauvais », notre intention est de demander au Créateur de nous aider à poser un regard bon et positif autour de nous.

Chabbat chalom à tous !

Rabbin Jacky MILEWSKI