Lekh Lekha

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21 octobre 2015Posté par : raphael

PARACHAT LEKH LEKHA

Mes chers amis,

« Avram dit à Lot : ‘’De grâce, qu’il n’éclate pas de dispute entre moi et toi (al na tehi mériva) ; si tu choisis à gauche, j’irai à droite et si tu choisis la droite, j’irai à gauche !’’ ». Avram entend ainsi n’avoir rien affaire avec Lot dont les bergers sont des voleurs. Il évite le conflit et prend ses distances.

Mais il n’est pas toujours possible de prendre ses distances avec des gens conflictuels. Les conditions de vie font que Lot peut ne pas pouvoir s’établir à droite ou à gauche mais doive rester là où il se situe. Au demeurant, Lot n’est pas toujours autrui ; Lot fait aussi partie de notre personnalité. Lot c’est la petite voix avec laquelle on dialogue et qui nous pousse à commettre le mal, c’est cet instinct qui oriente l’individu vers l’agression, vers la violation de la loi. Dans la littérature ‘hassidique, Lot représente, en effet, le yetser hara’, le mauvais instinct (« lot » en araméen signifie : malédiction). Or, cette petite voix qui parfois n’est pas petite du tout, on ne peut pas la faire taire, la faire disparaître, à moins d’être un très grand tsadik. Aussi, chaque humain possède sa part d’ombre, son Lot, qu’il doit éclairer.

Rabbi Moché de Kobrine (Imerot Tehorot Lekhe Lekha p. 5) lit alors notre verset sous un nouveau jour : Avram dit à Lot : « Al ! » « Non ! » (« Al » désigne en hébreu la négation), « na », « de grâce », « tehi mériva béni oubénekha », « qu’il éclate une rixe entre nous ! Si tu veux me faire prendre la gauche, je prendrai la droite et si tu me pousses vers la droite, j’irai vers la gauche ! ». Le combat contre soi n’est jamais gagné. Cultiver la détermination à faire ressortir le meilleur de soi-même, c’est déjà avoir remporté une victoire.

Chabbat chalom !

Rabbin J. Milewski