Vayera

Cha'harit : Indisponible | Min'ha : Indisponible

28 octobre 2015Posté par : raphael

PARACHAT VAYERA

Mes chers amis,

Bénéficier d’une aide, d’un soutien, d’un coup de pouce, quand on en a besoin, constitue bien naturellement une source de réconfort et d’encouragement. Dans le même temps, cette aide, ce coup de main, peut être ressenti comme une blessure infligée à son égo. Il est parfois difficile d’accepter le geste d’autrui sans le subir.

Avraham est le champion du ‘hessed, il excelle dans l’art de la bonté. Quand il court à la rencontre des trois hommes, dans le désert, pour leur offrir son hospitalité, il renverse la situation : « Si de grâce, j’ai trouvé grâce à tes yeux, de grâce ne passe pas près de ton serviteur ; de grâce qu’un peu d’eau soit prise pour que vous vous laviez les pieds ». Autrement dit, Avraham les supplie d’accepter son invitation, il leur explique que c’est lui qui a besoin de leur présence chez lui, qu’ils lui rendent service s’ils acceptent son offre. Avant même d’avoir énoncé son invitation, il s’était déjà incliné devant les visiteurs pour leur signifier qu’il n’est en rien leur supérieur et qu’ils l’honoreraient considérablement par leur présence dans sa tente à lui (Netivot Chalom du Rav Chalom Noa’h Bérézovski I, p. 100-1).

Le Rav Hirsch (sur Béréchit 19, 3) fait observer qu’Avraham et son neveu Lot pratiquent l’hospitalité très différemment : Avraham associe toute sa maisonnée : si lui-même prépare le pain, il demande à Sarah de pétrir de la pâte pour en faire des gâteaux, confie au « jeune homme » (« na’ar ») qui l’accompagne le taureau… Par contre, lorsque Lot accueille les anges, c’est lui qui leur prépare un festin et leur cuit des matsot. La femme de Lot, ses filles sont absentes. Lot est seul chez lui. Seul à son séder, seul à la choule. Sa croyance laisse indifférente ses plus proches.

Associer toute la famille à l’accomplissement des mitsvot révélera un bénéfice évident à long terme. Lot accomplit seul la mitsva, il restera seul. Avraham partage sa croyance, sa vocation, ses pratiques avec sa maison ; il reste notre père !

Chabbat chalom !

Rabbin J. Milewski