Haye Sarah

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04 novembre 2015Posté par : alexis

PARACHAT HAYE SARAH

Mes chers amis,

C’est dans notre sidra qu’Avraham confie à Eliézer la mission de partir à Aram pour y trouver une épouse pour son fils Yitsh’ak. Il précise : « Mais mon fils, tu ne l’amèneras pas là-bas » (Gen 24, 5). Rachi commente : « Mais (rak) est un terme au sens restrictif : ‘’Mon fils ne se rendra pas là-bas mais Yaacov, mon petit-fils, lui, il s’y rendra’’ ». Pour quelle raison Avraham précise-t-il à Eliézer que son petit-fils – qui n’est pas encore né – retournera lui à Aram ?

Le ‘Hatam Sofer (Beréchit, p. 88, année 5569) explique : dans un premier temps, Avraham n’a pas formulé à Eliézer l’interdiction pour Yitsh’ak de se rendre lui-même à Aram. Ce n’est que lorsque le serviteur envisage que la jeune femme refuse de le suivre en Canaan qu’Avraham lui indique que son fils ne peut quitter la terre qui lui a été promise. Pourquoi Avraham n’a-t-il pas dévoilé cette modalité dans les conditions initiales de la mission ?

C’est qu’Avraham craignait qu’Eliézer le trompe, il craignait que le seriteur ne choisisse une femme de n’importe où, de n’importe quel milieu, ne mette au point un stratagème avec celle-ci et fasse croire à Avraham que la jeune femme vient d’Aram. C’est pourquoi le patriarche n’a pas dit dans un premier temps que Yts’hak ne pouvait pas quitter Canaan. De cette manière, Eliézer pouvait craindre qu’un jour, Yts’hak ne se rende lui-même à Aram et découvre la vérité.

Quand Eliézer envisage le refus de la jeune femme de le suivre jusqu’en Cannan, Avraham est alors contraint de préciser que son fils ne peut se rendre à Aram mais aussitôt il ajoute que son petit-fils, lui, s’y rendra, et pourra ainsi s’assurer que sa mère vient bien d’Aram. Un jour, la vérité pourra éclater. Eliézer le sait, et se gardera bien de tromper son maître. « Mon fils n’ira pas mais mon petit-fils, oui, il ira ! ».

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Ce commentaire, qui nous permet de saisir l’enseignement de Rachi, nous inspire l’enseignement suivant : on peut tromper une ou plusieurs génération(s) en lui ou en leur faisant croire que la Torah telle que nous la pratiquons depuis des siècles et des siècles est devenue inadaptée, qu’il importe de l’abandonner ou de la transformer, d’en élaguer les éléments « arriérés ». Ce type de mensonge peut durer une, deux, trois générations mais au final la duperie est révélée. L’exemple du communisme en est l’illustration parfaite : des juifs l’ont érigé en messianisme, ont milité à l’Yvsektsia, ont renoncé à leur passé, effaçant toute trace de leur judéité… On connaît la suite et surtout la fin de cette idéologie. On connait aussi comment des petits-enfants de ces juifs déjudaïsés et membres du Parti, se sont retrouvés en Israël à étudier dans différentes yechivot et fonder (ou plutôt : refonder) des familles juives emplies de Torah (comme le raconte le Rav Yits’hak Zilber dans son livre « Rester juif »). « Mon fils n’ira pas mais mon petit-fils, oui, il ira ! ».

Chabbat chalom !

A guitn chabess !

Rabbin J. Milewski