Vayichla’h

Cha'harit : Indisponible | Min'ha : Indisponible

26 novembre 2015Posté par : alexis

PARACHAT VAYICHLA’H

Mes chers amis,

«Le soleil a brillé pour lui [pour Yaacov] quand il quitta Penouel alors que lui boitait sur sa hanche» (Beréchit 32, 32). Ce verset conclut l’épisode du combat qui opposa Yaacov à l’ange d’Essav quand celui-ci l’attaqua au cœur de la nuit.

« Le soleil a brillé pour lui » : l’expression est curieuse car le soleil qui se lève brille pour le monde entier ! Pourquoi le verset précise-t-il que « Le soleil a brillé pour lui », pour Yaacov ?

Rachi rapporte le Midrach : Yaacov souffrait de la hanche ; c’est à cet endroit que l’ange d’Essav l’avait frappé. Pour qu’il puisse bénéficier des bienfaits chaleureux des rayons du soleil nécessaires à son rétablissement, D.ieu a accéléré la course du soleil ; la boule de feu s’est levée plus tôt que prévu ; « Le soleil a [effectivement] brillé pour lui ».

La leçon éthique qui se dégage de ce commentaire est double : pour soulager autrui de sa souffrance, c’est la précipitation, l’empressement, qui sont de mise (le soleil a accéléré sa course). De plus, pour apaiser la douleur, l’humanité est appelée à faire des miracles, à ne pas se sentir enfermée dans les limites que la nature semble lui imposer.

 *   *   *   *   *

Dans son Tiféret Chelomo (sur Genèse 32, 32), Rabbi Chelomo de Radomsk s’interroge : le verset énonce : « Le soleil a brillé pour lui [pour Yaacov] quand il quitta Penouel alors que lui boitait sur sa hanche ». L’ordre logique n’aurait-il pas été que le verset énonce en premier lieu la blessure de Yaacov, puis le fait que le soleil a précipité sa course pour lui ?

Aussi, Rabbi Chelomo explique sur un plan moral qu’il peut arriver qu’un individu souffre d’une tare, d’un défaut, sans le savoir, sans vouloir le savoir. C’est alors une impasse morale dans laquelle il se trouve puisque son aveuglement est tel qu’il n’a pas conscience de ses déficiences au niveau de son comportement ou de son caractère.

« Le soleil brilla pour lui », une lumière surgit ; «quand il quitta Penouel » ; Penouel vient de la même racine que « peniya », inclinaison, partialité. La lumière surgit à la conscience quand il décide de prendre ses distances avec lui-même ; « alors que lui boitait sur sa hanche », pour lui permettre de prendre connaissance de ses défaillances.

Ainsi, on peut dire que le soleil brille vraiment quand se dessine une chance de devenir meilleur, humainement et moralement parlant.

Que le soleil puisse briller, et vite !

Chabbat chalom !

A guitn chabess !

Rabbin J. Milewski