Chekalim et Vayak’hel

Cha'harit : 07h20 | Min'ha : 19h50

02 mars 2016Posté par : alexis

PARACHAT CHEKALIM ET VAYAK’HEL

Chers amis,

CHEKALIM

«C’est cela qu’ils donneront, kol ha’over ‘al hapekoudim, tout individu qui passe par le recensement [c’est-à-dire les hommes âgés entre 20 et 60 ans] : la moitié d’un chékel en fonction de chékel hakodech» (Ex 30, 13).

Rabbi Israël de Gour (Bet Israël II, p. 156) explique : «over» veut dire : passer mais aussi transgresser. «Pekoudé» désigne les comptes mais aussi les ordres. Du coup, l’expression kol ha’over ‘al hapekoudim peut être traduite ainsi : «Qui transgresse les lois». Les personnes qui n’ont pas toujours été respectueuses des mitsvot peuvent s’amender, se réengager, revenir à la condition de donner de leur être, de le métamorphoser, de le renouveler. «C’est cela qu’ils donneront, kol ha’over ‘al hapekoudim, qui transgresse les lois…».

Chékel a donné «michkolette», une balance. Il est offert à chacun la possibilité de faire peser la balance du côté des mérites et des bonnes actions, de se concentrer sur un seul plateau, le bon (la moitié du chékel) en évaluant son comportement non selon sa subjectivité propre mais selon la norme transcendantale (chékel hakodech) (kodech renvoie à quelque chose qui provient depuis l’extérieur du monde).

VAYAKHEL

Le principe de précaution est bien connu de la tradition talmudique. Les Sages l’appliquent dans de nombreux cas pour s’assurer qu’un interdit biblique ne soit pas transgressé. Ainsi, par exemple, en est-il pour l’interdit de transporter des objets dans le domaine public au jour du chabbat, défense qui se déduit de notre sidra. La Guemara (Chabbat 12) enseigne, en effet, que la veille de chabbat, lorsque celui-ci arrive, on a l’obligation de vérifier les poches de ses vêtements afin de s’assurer qu’elles ne contiennent rien car porter dans sa poche, c’est aussi porter. Et de manière générale, avant de sortir de chez soi ou de la choule, le chabbat, il convient de vérifier que ses poches soient bien vides (cf. Choul’han Aroukh, Ora’h ‘Haïm 252, 7 et Michna Beroura 56). La Guemara cite ensuite Rav Yossef qui s’exprime : «C’est là une loi importante du chabbat !».

Cette halakha insiste sur l’idée suivante : un manquement à la loi du chabbat qui ne se voit pas, qui reste discret et secret (l’objet reste dans la poche), conserve toute sa validité. Ainsi, un juif, perdu sur une île déserte, devra se vêtir de ses vêtements de chabbat au jour du chabbat même s’il n’y a personne pour le regarder. C’est que le temps du chabbat est le temps de la vie intérieure, le temps de la résurrection de la vie intérieure où l’on prend en considération des choses qui dépassent le simple regard matériel. Ce n’est plus le perceptible qui constitue le fondement du jugement.

Cette halakha nous invite aussi à considérer les choses avec sérieux. En effet, qui pense à une petite pièce ou à un mouchoir qui se situe dans une poche ? Qui leur confére une quelconque importance ? Qui pense à eux ? Le chabbat est l’occasion de considérer chaque chose avec importance.

Enfin, le vêtement est le symbole de la sociabilité. Pour que le temps du chabbat survienne dans les cœurs, les hommes doivent examiner leur sociabilité, leur approche, leur relationnel, leurs caractères, et les pacifier.

Un grand chabbat chalom à tous !

A guitn chabess !

Rabbin J. Milewski