Emor

Cha'harit : 07h00 | Min'ha : 19h45

10 mai 2017Posté par : alexis

PARACHAT EMOR

Mes très chers amis,

Concernant les deux pains de blé (apportés au Temple de Jérusalem pour la fête de Chavouot) et les douze pains de proposition (posés, chaque chabbat, sur la table d’or dans le Sanctuaire), la Michna (Mena’hot 11, 2) rapporte que leur pétrissage et disposition se faisaient à l’extérieur du Sanctuaire tandis que l’on procédait à leur cuisson à l’intérieur. Rabbi Pin’has Mena’hem de Gour (Pené Mena’hem IV p. 10) explique que cette préparation en deux temps renvoie à la nécessité de se préparer psychologiquement et spirituellement à l’accomplissement des mitsvot. Un travail sur sa personne et son mental s’initie à l’extérieur, alors que l’on n’a pas encore pénétré le monde de la mitsva lui-même. L’homme doit pétrir, malaxer et disposer la matière dont il est fait, puis accomplir l’injonction de la Torah. Il faut d’abord penser à ce que signifie la prière pour pouvoir la vivre pleinement, ou étudier les sens d’une mitsva pour l’appliquer avec entrain, ou se rappeler que le chabbat introduit, à la conscience, la présence divine pour lui conférer densité et épaisseur. Une mitsva préparée ne ressemble en rien à une mitsva improvisée.       

Rabbi Pin’has Mena’hem de Gour (Pené Mena’hem IV p. 11) explique encore que  l’offrande des deux pains de Chavouot et des douze pains de proposition constituent un tikoun, une réparation de la faute primordiale puisque le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal est identifié au blé (Sanhédrin 70a). Il s’agirait en quelque sorte d’une restitution. Ainsi, on saisit que lorsque la Michna (Roch Hachana 16a) enseigne qu’à l’occasion de Chavouot, le monde est jugé sur les fruits de l’arbre, elle entend aussi le jugement concernant cette restitution.

Chabbat chalom à tous !

J.Milewski