Kippour

Cha'harit : 09h15 | Min'ha : 16h50

27 septembre 2017Posté par : alexis

WORT KIPPOUR

Chers amis,

La Michna des Pirké Avot proclame: «Sache devant Qui tu seras appelé à rendre jugement et compte (dine ve’hechbon)». La confrontation ultime de l’homme face à l’absolu divin se compose ainsi d’une dimension en lien avec le compte. A Roch Hachana et Kippour, jours de jugement, le rituel prévoit la récitation d’un texte particulièrement fort intitulé «Ounetané Tokef». Dans ce poème liturgique, il est dit de D.ieu qu’Il «écrit et scelle, compte et dénombre». Un peu plus loin, il est dit : «Comme le berger qui examine son troupeau et fait passer son bétail sous le bâton [pour le compter], Toi aussi, Tu fais passer, Tu comptes, Tu dénombres, Tu recenses l’âme de toute vie…». Il est question ici de différents types de calculs qui appartiennent seulement à D.ieu.

A Kippour, D.ieu compte, et les hommes également. La prière de Moussaf de Kippour décrit, en effet, le service du Grand-Prêtre (kohen gadol) de la sainte journée tel qu’il se pratiquait au Temple de Jérusalem. A un moment précis, d’une voix enjouée et revigorante, suivi par tous les fidèles, l’officiant clame : «Une, une et une, une et deux, une et trois, une et quatre, une et cinq, une et six, une et sept». Et ce, à plusieurs reprises. La Michna de Yoma (5, 3 et 4) explique que le kohen gadol entrait dans le Saint des saints et procédait à des aspersions du sang de son taureau et du bouc prévu à cet effet : une fois vers le haut et sept fois vers le bas. En accomplissant ces aspersions, il comptait : «Une, une et une, une et deux, une et trois, une et quatre, une et cinq, une et six, une et sept». Il procédait ainsi en direction du couvercle de l’Arche Sainte ; et il procédait de même à l’extérieur du Saint des saints, en direction du rideau qui séparait le Saint des saints du Saint. Ces différentes modalités d’application de ce rite se déduisent du texte biblique. Si le Grand-Prêtre comptait de cette façon, en reprenant «Une» à chaque fois, c’était pour éviter tout risque d’erreur et de confusion dans le compte des aspersions (Yoma 55a).

Le Rav Yehouda Léïbich Shtern (Sifté Yehouda p. 117), qui fut le Rav de Rachi Shule, après la guerre, explique cette procédure ainsi : bien que l’être humain se préoccupe de ce monde matériel qui relève de la dimension du 7, il doit néanmoins s’efforcer d’orienter l’ensemble de son existence et de son travail dans le service du D.ieu Unique. «Une en haut et sept en bas», tout doit être dirigé vers le haut, notamment le 7, le monde d’en bas. C’est pourquoi le « 1 » accompagne l’évocation des temps du cycle de ce monde, au nombre de 7.

‘Hatima tova lekoulam !

A guit your !

Jacky Milewski