Lekh Lekha

Cha'harit : 09h15 | Min'ha : 16h50

25 octobre 2017Posté par : alexis

PARACHAT LEKH LEKHA

Chers amis,

Au début de la sidra, il est rapporté que la famine sévit en terre de Canaan quand Avraham y arrive (Gen 12, 10). Le  Midrach Beréchit Rabba (40, 3) intervient sur ce verset en présentant la liste des famines qui sont inscrite dans le texte biblique. La dernière, prévue pour la fin des temps, est d’un type bien particulier : «J’enverrai la famine sur la terre, non une famine de pain, non une sècheresse d’eau, mais d’écoute des paroles des D.ieu» (Amos 8, 11). Les gens seront donc affamés de Torah, assoiffés  de paroles divines.

Mais, dans ce cas, cette famine spirituelle ne semble pas nocive. Au contraire, être affamé de Torah constitue une bénédiction ! Oui si on l’entend ainsi mais le Midrach peut aussi penser à autre chose : en effet, en période de famine, quelques miettes de pain valent le meilleur des festins, quelques gouttes d’eau sont considérées comme une source bienfaisante. En temps de disette, les gens sont bien obligés de se contenter de peu et ne se montrent pas regardant sur la qualité de la nourriture présentée.

La famine spirituelle se définit aussi comme cela : c’est une situation où les gens se contentent de quelques miettes de Torah, de quelques gouttes de spiritualité… C’est aussi contre ce type de famine qu’il faut agir (MiChoul’han Gavoha I p. 66).

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Puisqu’il est question, dans notre paracha, des pérégrinations du premier des hébreux, permettez-moi de citer un extrait d’une nouvelle de Sholem Aleikheim (La vie éternelle, p. 25). Il s’agit d’une lettre qu’un juif, resté en Russie, au début du 20ème siècle, écrit à son cousin, parti en Amérique. Dans la première partie, l’auteur décrit les terribles pogromes qui s’abattent sur les communautés juives qui vivent sous l’autorité du Tzar, les massacres et les violences, les meurtres et les maltraitances que les juifs subissent, ceux qui ne sont pas encore partis. Sa propre famille n’est pas épargnée. Puis, l’auteur de la lettre écrit à son cousin : «Sois en bonne santé et salue chacun de ma part très amicalement. Je ne vais pas en Amérique. Ton Amérique ne me plaît pas le moins du monde. Un pays où un journal est un paper, où Blume devient Jenny et où un fiancé a trois femmes. D’un tel pays, ne sois pas fâché, il faut fuir !».

Chabbat chalom à tous !

J.Milewski