Hayye Sarah

Cha'harit : 09h15 | Min'ha : 16h50

08 novembre 2017Posté par : alexis

PARACHAT HAYYE SARAH

Chers amis,

Quand les chameaux d’Eliézer furent abreuvés par Rivka, qui d’elle-même avait pris l’initiative de puiser de l’eau à leur attention, Eliézer lui offre des présents dont deux bracelets d’un poids de dix sicles d’or (Genèse 24, 22). Rachi explique que les deux bracelets d’un poids de dix sicles d’or font allusion aux deux Tables de la Loi sur lesquelles les Dix Paroles sont gravées.

Dans son ouvrage « A l’heure des nations » (p. 156), Emmanuel Lévinas explique ce commentaire ainsi : «Le serviteur d’Avraham [Eliézer] aurait reconnu le Sinaï, préfiguration ou accomplissement de la Révélation dans cette responsabilité pour le premier venu – fut-il un peu chameau…».

Soulager la soif d’une créature constituerait la finalité du décalogue. Le juif croit en D.ieu, observe le chabbat, veille à la vie et à la propriété d’autrui car ce sont là des injonctions qui façonnent lentement mais sûrement une conscience attentive à la soif du chameau. Bien sûr, la sensibilité ressentie à la soif d’un chameau peut provenir d’un élan naturel, areligieux. Néanmoins, l’élan naturel reste impulsif et tributaire de la bonne volonté. L’accomplissement du Décalogue permet à cette sensibilité de s’établir de façon pérenne dans la conscience.

Enfin, l’eau désigne traditionnellement la Torah qui abreuve les cœurs et les esprits assoiffés, même inconsciemment. Quand on dispense la Torah autour de soi – mission incombant à chacun – on le fait avec bonté et abondance afin de remplir, les bosses de l’intelligence, de réserves spirituelles permettant à chacun d’avancer dans la vie.

Chabbat chalom à tous !

J.Milewski