Vayechev

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06 décembre 2017Posté par : alexis

PARACHAT VAYECHEV

Chers amis,

Lorsque les juifs ont été autorisés par Cyrus à retourner en terre promise, au cours du 6ème siècle avant l’an 0,  ils se sont établis dans un territoire aux frontières différentes de celles qu’avaient été celles de ce même pays, après la sortie d’Egypte. Ainsi, pour la frontière nord, alors que les enfants d’Israël, sortis d’Egypte, avaient habité au delà de la ville de Keziv (au nord d’Acco), les juifs revenus de Babylone s’étaient établis en deçà de cette cité. L’une des incidences de ce changement frontalier concerne l’obligation de procéder aux prélèvements agricoles qui ne s’appliquent, à l’époque de la Michna, qu’en fonction du nouveau territoire pour des raisons de consécration territoriale (cf. Michna Demaï 1, 3 et commentateurs classiques de la Michna).

Le nom Keziv vient de la racine KZV, mentir, tromper. L’ambition des enfants d’Israël, lors de la première installation sur la terre des patriarches, consistait à recouvrir le mensonge, à lui imposer un message de vérité, de véracité, de sincérité. Les juifs qui reviennent de Babylone ne sont pas nombreux. Ils connaissent des difficultés de tous ordres et ont bien conscience que la priorité du moment est de distinguer le vrai du faux, le bien du mal, et à définir des limites claires devant séparer les deux systèmes. Se cantonner dans la vérité que porte la Torah, ne pas laisser les vents idéologiques la dénaturer, établir des barrières pour la protéger, sont les choses urgentes du moment. Quand le travail de consolidation de la vérité aura été effectué, pourra venir celui du dépassement du mensonge et sa disparition.

Pourquoi évoquer cette problématique aujourd’hui ? C’est parce que notre sidra relate qu’au moment de la naissance de son troisième fils, Yehouda se trouve à Keziv. Yehouda était occupé à combattre le mensonge.

Le Psaume 116 (11) affirme : «Kol haadam kozev» que l’on traduit habituellement par : «Tout l’homme est mensonger». Adam constitue l’acronyme de Adam, David Machia’h. Yehouda se situe quelque part entre Adam et David. C’est toute la démarche messianique qui s’oppose au mensonge, qui lui fait face (kol haadam, kozev).

Chabbat chalom à tous !

« Je crois en Dieu parce que le jour se lève tous les matins, parce qu’il y a une histoire et parce que je me fais une idée de Dieu dont je me demande d’où elle pourrait bien venir s’il n’y avait pas de Dieu » (Jean d’Ormesson. Comme un chant d’espérance. p. 88).

J. Milewski