Hanouka (1)

Cha'harit : 07h25 | Min'ha : 17h05

12 décembre 2017Posté par : alexis

A la mémoire de Mme Jacqueline Atlas z »l

«Il rassembla… les ustensiles de la maison de D.ieu, retira l’or des récipients du Temple, il ferma les portes du Sanctuaire de D.ieu, il construisit pour lui des autels à chaque coins de Jérusalem..» (II Chroniques 28, 24). En ignorant la référence, on pourrait croire que cette description se réfère à Antiochus IV, persécuteur des juifs à l’époque de ‘hanouka. En fait, ce verset évoque le roi A’haz, roi de Juda, qui a laissé un très mauvais souvenir dans la mémoire biblique. «Ils avaient fermé les portes du Sanctuaire, éteint les lumières [de la Menora], cessé l’offrande de l’encens…». Tout ceci évoque l’Yvsektsia  dont les membres avaient substitué l’étoile rouge à l’étoile de David et qui avaient déclaré la guerre totale à leurs frères restés fidèles à la pratique du Judaïsme, dans l’URSS d’avant-guerre. La haine de soi, des comptes personnels à régler avec l’autorité, la naïve pensée d’attirer l’admiration des nations parce que l’on a trahi les siens, l’idée selon laquelle on va aimer les juifs car ils ne le seront plus, tant d’erreurs maintes fois répétées dans l’histoire…

Les juifs hellénistes pensaient sans doute que de fraternelles accolades leurs seraient accordées s’ils renonçaient à la pratique traditionnelle du judaïsme, en faisant preuve «d’ouverture» à la modernité de l’époque, en changeant de langue, de vêtements, de mœurs, de mentalités. A l’époque des hellénisants, le Temple n’est pas détruit mais son contenu a changé. On y a déposé des idoles, bien plus concrètes qu’un D.ieu invisible. La visibilité, voilà l’enjeu d’un syncrétisme qui ne dit pas son nom, mixture de civilisations et d’ambitions, dénaturant la belle Torah de Moché comme si celle-ci n’était pas en mesure de proposer une perspective juste des choses et un projet pour le monde. C’est ainsi que l’on contribue à éteindre la lumière de la Torah. On ne peut pas demander à une flamme de vaciller, de chanceler et de continuer d’éclairer comme si de rien n’était. On ne peut pas demander à une flamme de retenir une parcelle de sa lumière. C’est de tous ses feux que la Torah doit briller afin de pouvoir guider les hommes.

A vous tous, une lumineuse fête de ‘Hanouka !

Rabbin J. Milewski