Bo

Cha'harit : 09h15 | Min'ha : 17h55

17 janvier 2018Posté par : alexis

PARACHAT BO

Chers amis,

Au moment de la sortie d’Egypte, les chiens du pays n’ont pas aboyé, nous dit la Torah. Ce détail du récit biblique semble anodin mais en réalité, il renferme en une critique particulière, une critique de la neutralité.

Le Rav Avigdor Amiel (qui fut le premier Grand Rabbin de Tel Aviv) propose, en effet, le développement suivant (Hégueyonot el ‘ami, Tichri p. 222-3) :

Tenter de concilier tous les avis, de contenter toutes les opinions, de concilier tous les courants ne relève pas simplement de l’impossible ; c’est aussi une imposture morale. Le Rav Hirsch disait à ce propos que contrairement aux chevaux qui marchent au milieu de la route, les hommes doivent choisir de marcher d’un côté ou de l’autre de la route.

Le Talmud (Baba Kama 60b) rapporte que les chiens pleurent quand, dans une ville, arrive l’ange de la mort ; et ils rient lorsque surgit le prophète Elie. Dans ce texte, le chien représente le type de personnalité qui se met au diapason de l’événement. Quand il y a toutes les raisons de se réjouir, il se réjouit ; quand il y a toutes les raisons de s’attrister, il s’attriste. Puis, vient le moment de l’histoire qui le débusque ; vient la nuit de la sortie d’Egypte où la mort frappe les premiers-nés du peuple de pharaon, où la délivrance frappe à la porte des hébreux.

Dans cette configuration, le chien ne sait pas prendre position. Il ne pleure ni ne rit ; il reste silencieux. Critique de la neutralité. Il est vrai que depuis la Shoa, les juifs ont un peu de mal avec cette notion de neutralité. Que l’on songe à la Suisse qui – officiellement neutre – « ne pouvait pas » proposer son aide pour le sauvetage des juifs…

Que de bonnes nouvelles !

Chabbat chalom !

J. Milewski