Bechalla’h

Cha'harit : 07h30 | Min'ha : 19h20

24 janvier 2018Posté par : alexis

PARACHAT BECHALLA’H

Mes chers amis,

Après la miraculeuse traversée de la Mer des joncs à pied sec, la Torah dit : «Moché fit voyager Israël depuis la Mer des joncs…» (Ex 15, 22). Rachi explique que Moché força les enfants d’Israël à quitter les rives de cette mer car ils étaient bien trop occupés à ramasser le butin balancé par les vagues ; de ce butin composé d’or, d’argent et de pierres précieuses que les chevaux des cavaliers égyptiens transportaient.

Rabbi Israël de Gour (Bet Israël p. 98) propose un commentaire très puissant de cet épisode : les enfants d’Israël ne souhaitaient pas quitter les rives de la Mer des joncs, de cette mer où ils ont assisté à un dévoilement de D.ieu d’une intensité inimaginable ; de cette mer où le miracle les fit s’exclamer : «Le voici mon D.ieu !». De cet espace, le peuple ne veut pas partir ; encore habité de toutes ces images, de ce passage au cœur de la mer, de ces murailles d’eau, de cette ferveur… Emplis de nostalgie et de souvenirs, les enfants d’Israël aspiraient à rester en cet endroit pour y vivre encore ce qu’ils avaient vécu, au moins par la proximité avec l’endroit. Tel est le sens du butin : l’or, l’argent, les pierres précieuses constituent une métaphore du spectaculaire vécu ressenti, de la certitude de l’Etre de D.ieu Protecteur, qui valent tellement plus que toutes les richesses du monde.

Mais l’intention de D.ieu n’était pas celle-là. Il était nécessaire de donner la Torah afin que les hébreux eux-mêmes  et les générations à venir puissent aussi avoir accès à la vie de l’esprit. En effet, la mémoire du miracle de la Mer s’estompant avec le temps, l’émotion retombant, les générations suivantes qui auraient simplement entendu parler de cette grandiose traversée, n’auraient pas pu s’attacher à cet événement et à ce qu’il a montré.

Seule la Torah, son texte, ses prescriptions, le vécu qu’elle préconise, sont en mesure de maintenir le feu de la spiritualité

Chabbat chalom à tous !

J. Milewski