Zakhor

Cha'harit : 07h20 | Min'ha : 16h50

21 février 2018Posté par : alexis

PARACHAT ZAKHOR

La mitsva de l’écoute de la Parachat Zakhor, pour se souvenir d’Amalek (dont Hamane est les descendant) aura lieu ce chabbat 24 février lors de la lecture de la Torah vers 10h15.

Mes chers amis,

C’est un jour de chabbat que nous lisons le passage relatif à l’injonction du souvenir d’Amalek. Rabbi Chemouel de Sokhatchov (Chem miChemouel Ex, volume : II p. 111) éclaire le lien entre le chabbat et la mémoire d’Amalek par un remarquable développement, porteur de nombreux enseignements :

Rabbi Chemouel cite d’abord son père, Rabbi Avraham de Sokhatchov : « Tu effaceras le souvenir d’Amalek de sous le ciel » (Deut 25, 19), «J’effacerai le souvenir d’Amalek de sous le ciel» (Ex 17, 14). L’insistance de l’expression «de sous le ciel» s’explique par le fait que la puissance d’Amalek ne se manifeste que sous le ciel. La Torah se situe, elle, au dessus du ciel puisque son origine est divine.

Amalek a attaqué Israël, sur la route menant au Sinaï, dans un endroit appelé «Refidim», endroit où les hébreux ont renoncé, d’une certaine façon, à leur adhésion à la Torah de sorte qu’ils se sont retrouvés sous le ciel, espace de domination d’Amalek. Ici, se termine l’enseignement de Rabbi Avraham de Sokhatchov ; et son fils, Rabbi Chemouel, le prolonge ainsi: le ciel et la terre correspondent, conceptuellement parlant, au cerveau et au cœur (le ciel reste distant de la terre, reste objectif dans ses analyses, avec hauteur de vue. Quant à la terre, elle est l’espace de la vie mécanique et biologique, tels les battements du cœur).

Or, précisément, Amalek se présente sur la route infinie qui sépare l’intellect du cœur afin d’empêcher que la raison pure influe sur le monde des sentiments et des émotions [Amalek entend faire écran entre la Torah céleste et la vie terrestre]. C’est l’un des sens de l’enseignement talmudique (Berakhot 61a) selon lequel l’instinct du mal est semblable à une mouche établie entre les deux portes du cœur.

C’est alors que se dessine le lien avec le chabbat qui commença, la première fois, par la conclusion de la création du ciel et de la terre. «Vayékhoulou hachamaïm vehaarets/Ils furent terminés, les cieux et la terre». Le Chem miChemouel rapporte une merveilleuse explication du terme «Vayékhoulou» qui vient de la racine KLL, englober, généraliser, qui provient du vocable «kol», tout. Au moment du chabbat, les cieux et la terre composèrent un seul tout, une seule entité, une seule réalité englobant les deux dimensions. L’intellect éclaire le cœur.

Le jour du chabbat constitue donc le moment propice pour combattre Amalek, cet obstacle se situant quelque part sur la route qui sépare le cerveau du sentiment. C’est pourquoi le passage de Zakhor est lu le jour de chabbat.

Chabbat chalom lekoulam !

J. Milewski