Chabbat Hagadol

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21 mars 2018Posté par : alexis

CHABBAT HAGADOL

Mes chers amis,

Le dernier verset de la haftara de Chabbat haGadol lance un vibrant appel : «Souvenez-vous de la Torah de Moché, mon serviteur, à qui J’ai ordonné au ‘Horev [autre nom du mont Sinaï] pour tout Israël, des lois et des règlements». Pourquoi rappeler que la Torah fut donnée au Sinaï et pourquoi le verset nomme-t-il la montagne de son autre nom, ‘Horev ?

Le Ketav Sofer explique : ce verset – le dernier verset du dernier prophète d’Israël – s’adresse au peuple alors que celui-ci va quitter sa terre pour une longue durée ; La Torah compte un certain nombre de commandements qui ne s’appliquent que sur la terre promise tels que la jachère, le jubilé, une certaine fiscalité agricole, le culte du Sanctuaire…«Souvenez-vous de la Torah de Moché, de toute sa Torah, même des injonctions que vous n’êtes plus en mesure d’accomplir du fait de l’exil». En effet, explique, le Ketav Sofer, le souvenir de ces injonctions est déjà bénéfique devant D.ieu. Preuve en est : la Torah a été donnée sur le ‘Horev, donc en dehors de la terre promise, dans une contrée où les lois rattachées à la terre des ancêtres n’étaient pas applicables.

Le Ketav Sofer propose ensuite une autre voie : il faut se souvenir de la Torah de Moché, de la prophétie et de la législation mosaïques, telles qu’elles furent révélées au Sinaï. Il ne s’agit pas de se souvenir des grands idéaux et des valeurs mais de la Torah telle qu’elle fut prescrite il y a 3500 ans sur le Sinaï, dans cet espace appelé «‘Horev», terme qui veut dire ; sec, aride, espace où rien n’existe. Cela signifie que la Torah s’arrache à la contextualité, qu’elle n’est pas le fruit d’une civilisation ou d’une pensée mais qu’elle est le fait d’une révélation, base fondamentale et indispensable à toute judéité. Il faut se souvenir de cette Torah de Moché, de chacune de ses lignes, de chacun de ses mots ; de ces lignes, de ces mots qui, de tout temps, ont composé l’ossature du peuple dont nous célébrons la naissance à l’occasion de la fête de Pessa’h.

Chabbat chalom à tous !

J. Milewski