Pessah

Cha'harit : 07h05 | Min'ha : 19h25

27 mars 2018Posté par : alexis

PESSAH

A la mémoire de Madame Mireille Knoll z’l

Chers amis,

A vous tous, excellente fête de Pessa’h. Que le printemps puisse enfin s’établir dans les coeurs et les esprits!

Rappelons le texte de la hagada de Pessa’h : «Tu raconteras à ton fils». «Puis-je le faire dés la néoménie de Nissan ? Non car le texte dit : «Tu raconteras à ton fils en ce jour». Mais alors puis-je le faire alors qu’il fait encore jour ? Non car le verset dit : «Tu raconteras à ton fils en ce jour en disant : c’est par le mérité de cela», c’est-à-dire au moment où la matsa et l’herbe amère sont placées devant toi».

Dans un très beau texte consacré à l’éducation, le Rav. S.R. Hirsch (Yessodote ha’hinoukh, I, p. 120 à 123) explique ce passage de la Hagada ainsi: si la connaissance du judaïsme était quelque chose d’abstrait et l’accomplissement des commandements une mécanique, mieux aurait valu enseigner l’événement de la sortie d’Egypte à l’école comme les tables de multiplication ou l’écriture. Mais ce n’est pas le cas. Le père qui veut s’acquitter de l’injonction du récit de la libération doit constituer un chaînon dans la chaîne commencée par Avraham et qui a pris une dimension collective avec la sortie d’Egypte. Dés lors, le père transmet à son enfant les mitsvot et s’associe à l’alliance. Le maître d’école peut apporter à l’enfant des connaissances mais non le vécu pratique qui reste  l’apanage des parents. Ce n’est que dans la vie quotidienne et pratique que l’enfant peut voir l’exactitude avec laquelle les mitsvot sont accomplies et la joie que lui apportent les matières apprises à l’école. C’est au moment où la matsa et le maror sont placés sur la table, lorsque l’enfant se trouve aux côtés de ses parents, qu’il vit le judaïsme. L’école ou le Talmud Torah ne peut rien faire d’autre que de préparer l’enfant à recevoir l’enseignement de son père et de sa mère. Seul le parent peut faire germer la graine qui a été plantée dans le cœur de l’enfant.

Tous les efforts consentis par le corps professoral s’avèrera vain si le parent ne remplit pas son obligation, si le père ne consacre pas les paroles du Maître par ses propres actes et paroles. Quel enseignement, quel discours, peut-il remplacer l’image du père au moment où il lève la coupe de vin et récite la bénédiction ? Aucun enseignement ne peut pénétrer la profondeur du cœur de l’enfant à la hauteur des gestes et paroles des parents. Si celui-ci se prépare à cette fonction de sorte qu’il sache expliquer les injonctions de la fête clairement et joliment, alors il lie son âme à l’âme de l’enfant, et sa joie provenant de l’accomplissement des mitsvot se prolongera dans le cœur de son enfant, toute sa vie durant.

‘HAG SAMEA’H LEKOULAM

J. Milewski