Chemini

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11 avril 2018Posté par : alexis

PARACHAT CHEMINI

Mes chers amis,

Notre sidra dresse la liste des animaux que la Torah défend à la consommation dont un animal qui porte le nom d’arnévet. On a l’habitude par commodité de traduire ce terme par «lièvre». Dans son commentaire (sur Vayikra 11, 6), Nahmanide observe que «arnévet» désigne tant le mâle que la femelle (en français, on dit : lièvre et hase). Il mentionne encore un certain nombre d’animaux dont une appellation générique désigne tant le mâle que la femelle : ya’ana (autruche), yona (colombe) relève de la forme du féminin mais désigne aussi le mâle de l’espèce. Gamal (chameau), chafane (daman), ‘hazir (cochon), tor (tourterelle) relèvent de la forme du masculin mais désignent également les femelles de l’espèce.

Par cette remarque d’ordre grammaticale, Na’hmanide nous laisse penser que c’est déjà s’apparenter à quelque chose d’étranger à l’humain que de concevoir un monde basé sur la confusion des genres c’est-à-dire sur l’indifférenciation entre hommes et femmes, sur l’indistinction entre les singularités existentielles, sur la négation des identités irréductibles qui composent l’humanité, sur le mélange des vocations et des responsabilités humaines. Si D.ieu a créé Adam et ‘Hava, c’est bien parce que chacun d’eux a quelque chose de spécifique et d’unique à offrir au monde.

On observera qu’en hébreu la conjugaison tient compte du sexe de la personne qui parle, à laquelle on parle et de laquelle on parle : par exemple, un homme dit : «ani okhel» (je mange), une femme dira : «ani okhélet» (je mange). A un homme, on dira : «ata okhel» (tu manges) ; à une femme, on dira : «at okhélet» (tu manges) ; à propos d’un homme, on dit : «hou okhel» (il mange), à propos d’une femme, on dit : «hi okhélet» (elle mange).

La distinction des genres, inscrite dans la conjugaison hébraïque, structure l’esprit. En français aussi, la distinction entre genres dans le langage existe aussi puisque dans les analyses grammaticales, on demande la nature du mot, sa fonction dans la phrase et son genre… Espérons qu’il n’y ait pas de réforme prévu par le Ministère de l’Education sur ce dernier point

Chabbat chalom à tous !

J. Milewski