Kedochim

Cha'harit : 07h05 | Min'ha : 17h05

25 avril 2018Posté par : alexis

PARACHAT KEDOCHIM

Chers amis,

C’est dans la sidra de Kedochim que se trouvent quelques mots qui ont, de tout temps, façonné la physionomie du juif dans l’histoire puisque la Torah défend à l’homme de se raser les coins de la barbe. Cette barbe, visiblement, dérangeait beaucoup les nazis par exemple qui s’amusaient à les arracher à leurs pauvres victimes. Si le sens profond de cette loi nous dépasse, nous pouvons citer un enseignement du Rav S.R. Hirsch qui donne à cette défense une dimension marquante et si actuelle pour réfléchir dans une société qui donne tout à voir.

«La barbe est destinée par la nature à voiler pudiquement les fonctions purement physiques des organes de nutrition, la bouche et le menton, et à faire ressortir la partie spirituelle de la physionomie c’est-à-dire le front et les yeux. Aussi nous est-il défendu de détruire ce signe de la nature qui nous est donné pour nous rappeler sans cesse la primauté des valeurs spirituelles» (cité dans le Kol haTorah du Rav Munk sur Lev 19 , 27). C’est peut-être la raison pour laquelle la barbe commence à pousser au moment de la puberté c’est-à-dire au moment de l’éveil de l’instinct sexuel, et chez l’homme car cet instinct est chez lui bien plus sensible que chez la femme.

Le Rav S. R. Hirsch développe ainsi l’idée de l’art de la pudeur et explique (Horev p. 309 à 314) encore  que lorsqu’un humain rencontre l’un de ses semblables, c’est sur sa dimension humaine qu’il doit insister, c’est sa dimension humaine qu’il doit présenter. En effet, chaque être humain est constitué de deux dimensions radicalement différentes : une première qui est similaire à l’animal par ses aspects mécanique et instinctif, et une seconde qui relève de l’esprit, de la réflexion morale, de la capacité à se remettre en question, donc à rompre avec les mécanismes naturels. Ce qui ne relève pas de la dimension spécifique à l’humain se doit ainsi d’être dérobé au regard afin de mettre en relief ce qui relève de l’humain, donc ce qui se rattache à la société des hommes qui acceptent de vivre en fonction d’une Loi qui dépasse les pulsions des corps, en fonction d’une Loi qui se préoccupe de parvenir à une certaine plénitude de vie.

Chabbat chalom à tous !

J. Milewski