Behar / Be’houkotay

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09 mai 2018Posté par : alexis

PARACHAT BEHAR / BE’HOUKOTAY

Chers amis,

Dans la seconde partie de la sidra de Be’houkotaï, la Torah expose la défense de la substitution (temoura). De quoi est-il question ? Si on a consacré un animal au Temple, il sera défendu de le changer, de le remplacer «un bon pour un mauvais ou un mauvais pour un bon» (Lev 27, 10).

Autant, nous comprenons parfaitement que si on a consacré un animal, il est interdit de le remplacer par un autre de moindre qualité, autant il est a priori difficile d’expliquer pourquoi il n’est pas autorisé de remplacer un animal consacré par un animal de meilleure qualité.

Maïmonide (Hilkhot Temoura 4, 13) écrit que par cette loi, la Torah neutralise un travers humain bien fréquent. En effet, même si une personne a consacré une bête pour le Temple, elle risque de regretter son don, de le considérer comme pure perte. Aussi, cette personne serait susceptible de remplacer cet animal par un autre de moindre valeur pour réduire sa perte.

Or, s’il avait été autorisé de substituer un animal consacré par un animal de plus grande valeur, la personne en question aurait été tenté de le substituer par un animal de moindre qualité et de lui trouvé, à cet animal, toutes les qualités de la terre. Cette personne aurait écrit une histoire où la bête de peu de valeur en possède en fait une très grande. Elle lui aurait découvert des caractéristiques positives qu’elle seule aurait été capable de détecter. En somme, elle se serait convaincu que la bête de moindre qualité est une bête d’une immense qualité.

Pour cette raison, la Torah défend le substitut dans tous les sens. Ainsi, la Torah a bien conscience de cette démarche humaine – même inconsciente et inavouée – de faire passer le bien pour le mal et le mal pour le bien. En se référant seulement à la Torah, l’individu n’est plus tenté de tordre la réalité pour que celle-ci intègre sa structure mentale et psychologique. En se fondant sur la Loi de Hachem, on ne peut plus voir le beau dans le laid et le laid dans le beau.

Chabbat chalom à tous !

J. Milewski