Lekh Lekha

Cha'harit : 07h05 | Min'ha : 17h05

17 octobre 2018Posté par : alexis

PARACHAT LEKH LEKHA

Chers amis,

Au début de la sidra, D.ieu assure à Avram «Celui qui te maudit (mekallèlekha), Je maudira (aore)» (Gen. 12, 3). La malédiction a-t-elle une véritable portée ? Avram est-il le type d’homme à craindre ce genre de formule ? Qu’est-ce que la Torah entend ici pat l’idée de malédiction ?

Dans la paracha de Beréchit (Gen. 5, 29), il est question de la terre maudite («adama acher aréra Hachem»). Rachi explique : la terre produisait ronces et épines alors qu’on y semait du blé depuis la malédiction formulée à Adam. On devine alors que la malédiction se définit comme une situation où un élément donné n’est pas en mesure d’accomplir ce pourquoi il existe. La malédiction est en quelque sorte une erreur de destinée, vivre une vie qui n’est pas la nôtre.

Il y a ici deux termes pour dire malédiction : kellala et ara. Kellala vient de « kal », léger. Le terme renvoie donc à vivre la vie qui doit être la notre avec moins d’intensité, moins de densité, moins de présence, que ce qui était attendu ; une judéité partielle, tiède. Ara, c’est carrément vivre une autre vie.

Celui qui incite Avram à ne pas être fidèle à sa vocation religieuse ne serait-ce que partiellement, celui qui tente de convaincre de ne pas en faire trop pour assumer son destin d’hébreu, celui-ci est pour le coup «arour», il se trompe lui-même sur son existence !

Nous découvrons alors que la bénédiction se formule pour l’enfant d’Avram comme la possibilité de vivre son judaïsme entièrement.

Chabbat chalom lekoulam !

J. Milewski