Vayera

Cha'harit : 07h05 | Min'ha : 17h05

24 octobre 2018Posté par : alexis

PARACHAT VAYERA

Chers amis,

«D.ieu lui est apparu [à Avraham] parmi les chênes de Mamré [l’un des alliés du patriarche]». C’est ainsi que notre sidra débute ; c’est ainsi qu’elle situe l’épisode où Avraham s’en va à la rencontre des trois visiteurs mystérieux venus eux-mêmes à sa rencontre.

Rabbi Elimélekh de Lizensk (Noa’m Eliémekh Lekh-lekha p. 14) explique : «Mamré» provient de la même racine que le verbe «amar», dire. Mamré renvoie donc à l’expression verbale.

«Eloné Mamré» se traduit alors par : «les chênes du langage» car – dit Rabbi Elimélekh – de chaque parole  prononcée par Avraham, il en est devenu des arbres.

L’arbre se compose de racines, d’un tronc, de branches, de feuilles, de fruits. L’intention   du   propos renvoie aux racines. Le propos lui-même constitue le tronc. Une fois la parole énoncée, elle se déploie ; elle entraîne conséquences, incidences, réactions. C’est dés lors dans cet esprit de responsabilité qu’Avraham et les trois hommes venus le visiter pourront échanger.

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A propos du chêne :

Dans un petit ouvrage édité en 1963, intitulé «Arbres et arbustes d’Israël», il est écrit que «les racines du chêne s’enfoncent profondément dans les fentes des rochers dolomites et lui permettent de résister aux tempêtes». La parole divine, en tant que Promesse (celle de la Rédemption) et en tant que Prescription (les injonctions), rencontre des obstacles car logiquement parlant, le messianisme est difficile à concevoir, car humainement parlant, l’instinct du mal est difficile à battre.  Mais précisément, entre ces rochers qui s’érigent en obstacles, il y a des fentes, il y a des interstices, il y a de petits espaces. C’est un invisible itinéraire qui se forme entre les rochers, par lesquelles les racines passent. C’est par les interstices laissées ouvertes dans le cœur que l’on peut renouer avec la Promesse et la Prescription.

Chabbat chalom lekoulam !

J. Milewski