Vayetse

Cha'harit : 07h20 | Min'ha : 16h50

14 novembre 2018Posté par : alexis

PARACHAT VAYETSE

Chers amis,

Quand Lavan rattrape Yaacov et sa famille, il lui adresse le propos suivant : «J’ai la capacité d’agir contre vous en mal mais le D.ieu de vos pères, hier, m’a parlé en disant : «Garde-toi de parler avec Yaacov depuis en bien et jusqu’en mal»» (Gen 31, 29). La dernière expression rend : «mitov ‘ad ra’». Lavan dit donc qu’il a la capacité de porter atteinte à Yaacov – dans les faits- mais que D.ieu lui a défendu – non pas de lui faire du mal – mais de lui parler «depuis en bien jusqu’en mal» ! Autrement dit, la parole de Lavan équivaut à un acte. Même si elle est invisible, une parole reste concrète. Elle peut blesser comme elle peut apaiser.

Mais surtout comment Lavan peut-il affirmer qu’il a la possibilité de nuire à Yaacov alors que D.ieu le lui a interdit ? Lavan n’a-t-il pas perdu cette faculté à l’instant même où D.ieu a formulé Son interdit ?

Rabbi Mena’hem Melndel de Riminov (Yalkout Mena’hem p. 145) explique que Lavan a conféré aux mots de D.ieu un sens bien précis : «Garde-toi de lui parler depuis en bien jusqu’en mal». Lavan veut comprendre que les deux limites (bien et mal) ne sont pas concernées par l’interdiction : «depuis le bien» mais le bien n’est pas inclus ; «jusqu’au mal» mais le mal n’est concerné. Donc, Lavan explique qu’il conserve le droit d’être ou très gentil ou très violent dans sa relation avec Yaacov. Il aurait même trouvé une certaine logique, une justification, à sa compréhension des choses. En effet, Lavan s’invente une histoire où ce que D.ieu lui a interdit, c’est de prononcer une parole de confusion, non clarifiée, gentille et méchante à la fois de sorte à ce que Yaacov ne sache plus où il en est dans son lien avec son beau-père. Mais une parole claire, dont le sens ne fait pas de doute, serait-elle violente, serait acceptable car elle aurait au moins le mérite de la clarté.

C’est en se convainquant que telle serait la teneur du propos divin que Lavan prétend être en mesure de prononcer à l’adresse de Yaacov de vindicatifs propos. Lavan réécrit l’histoire, réinterprète «à sa sauce» ce qu’il entend. Il ignore que la tunique blanche (lavan=blanc) qu’il porte est tachée (par sa sauce)…

Chabbat chalom lekoulam !

J. Milewski